Un an au Mexique, nouvelle carrière en vue ?

Dans Mexique
01/11/2026
9 min de lecture

Hello les amis ! Comment ça va chez vous ? Vous êtes prêts pour la mexicanisation de la France ?? ça va peut-être me faire revenir du coup !! Haha !

En attendant, le 12 octobre ça a fait un an que je suis arrivée au Mexique. J’aimerais vous dire que je suis fière de moi et que j’ai fait plein de trucs que je voulais faire, c’est exactement faux !!

Le plan principal quand tu pars habiter dans un nouveau pays, c’est quand même d’avoir la chance d’habiter sur place pour pouvoir aller visiter tous les petits coins, surtout là où les touristes ne vont pas ! Maintenant, je peux dire avec quasi-certitude que la plupart des touristes ont vu davantage du Mexique que moi. Cela m’a fait réaliser une chose : toutes ces croyances sur « les voyages forment la jeunesse », « voyager t’ouvre l’esprit sur le monde » et blablabla, bah en fait, ce n’est pas forcément vrai. Heureusement que vous m’avez pour rétablir la vérité ! Je vais vous dévoiler les véritables faits sur les voyageurs (à différence des touristes) :

– Les voyageurs sont snobs. Ils pensent qu’ils connaissent une culture par cœur parce qu’ils ont vécu quelques mois voire années dans un pays, alors que leurs seuls amis c’étaient les expats du coin avec qui ils se retrouvaient au pub irlandais. La personne avec laquelle ils parlaient le plus la langue du pays, c’était la vendeuse de fruits et légumes.

– Les voyageurs ne sont pas plus ouverts d’esprit. Ils peuvent vivre dans un pays et le détester. Ils peuvent arriver au Mexique, manger 2-3 tacos et ensuite demander auprès de la communauté des expats : « bon, où est-ce qu’on peut manger une raclette dans ce pays ? » !

– Les gens ont des préjugés quand ils ne voyagent pas, les voyageurs, eux, ont des postjugés. Oui, je viens clairement d’inventer ce terme. L’idée c’est qu’ils ont vécu dans un pays, ils ont côtoyé quelques autochtones et ensuite ils ont établi une conclusion généraliste sur eux : « Les … (insérer une nationalité) sont tous des … (insérer un défaut problématique). » Et voilà. Ça en est fini pour tous les gens de ce pays. Du coup, au final, ils ne sont pas vraiment plus tolérants.

– Les voyageurs prennent les touristes et les backpackers de haut. « Quoi ?! Tu restes que 2 mois au Mexique ?? Non mais si tu ne te poses pas quelque part tu ne comprendras JAMAIS à quel point la culture mexicaine est si riiiiiiiiiiche gnagnagna gnagnagna !! » Alors que ce sont ces derniers qui t’apprennent des trucs parce qu’ils ont lu tous les guides voyage de la Fnac !

– Les voyageurs pensent qu’ils ont le temps devant eux. Comme ils se posent quelque part, ils se disent qu’ils auront plein de temps pour découvrir toute la ville, le pays et l’univers. Au final, chaque week-end ils font toujours la même chose et six mois sont passés et ils n’ont pas bougé… Ils attendent que leurs amis touristes viennent les voir pour visiter le pays !

– Les voyageurs pensent que leur vie est tellement intéressante qu’elle mérite d’être racontée dans un blog.

On peut donc dire que le voyageur est finalement un sédentaire qui n’est pas chez lui…

Et voilàààààààààààà, je vous ai fait une belle mise à jour actualisée de mes nouveaux défauts !!! C’est chouette !

 

MAIS ! Pour votre gouvernante, j’ai des circonstances très très atténuantes : je suis maitresse de maternelle. Est-ce que ça ne me donne pas une vraie excuse pour ne pas sortir de chez moi les week-ends ? Est-ce que ce n’est pas un des métiers les plus fatigants du monde sérieux ?? Je veux dire, j’en ai fait des métiers fatigants, mais même faire le ménage dans un IME, même s’occuper des vieux dans une maison de retraite, même travailler de nuit dans un hôtel, même être animatrice en colo de vacances ce n’était pas aussi fatigant ! Et le pire du pire, c’est quand tu fais un travail très fatigant, mais que tu l’aimes. La question principale qui revient souvent dans ma tête est donc la suivante : qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? Et chaque fois, je m’endors avant de trouver la réponse !!

Donc je suis désolée les gars, mais de quoi je vais vous parler encore ?? Des enfaaaants ! Ouaiiiiis ! Vous êtes venus sur Caliente Patata pour des aventures exotiques, au final vous vous tapez le journal d’une maitresse.

Mais restez !! Je vais vous raconter des petites perles !

La période de septembre-octobre était un poil difficile, parce qu’en plus de s’habituer à ce nouveau public, il y a eu des évènements intéressants : une visite surprise du ministère de l’Education mexicaine, la semaine du goût et la célébration du Dia de muertos.

Le ministère de l’Education mexicaine a décrété que les toilettes avec un accès direct à la salle de maternelle était une hérésie, tout comme le fait que les primaires et les maternelles partagent le même bâtiment !! Il serait important de connaitre leurs connaissances sur le développement des enfants. Résultat des courses : on a dû déménager !! A la place du collège ! Avec des toilettes loin de la salle de classe et plus grandes que les Petites Sections ! Les gars n’ont clairement jamais dû changer des gosses qui oublient qu’ils doivent pisser… Bref. Tout ce que j’avais réussi à mettre en place, l’ambiance et les habitudes, j’ai dû tout refaire dans une autre salle, plus petite et pas adaptée. Une horreur !

En même temps, c’était la semaine du Goût, j’avais carte blanche. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis dans la tête de cuisiner avec eux, mais clairement mon ambition n’était pas à la hauteur de mon énergie ! Donc oui, on a cuisiné, oui ils étaient contents, mais le projet énergivore comme ça je déconseille !!

Le mardi, on a fait une tarte au citron (bon je me fais plaisir en même temps)! Le jeudi, on a fait des pizzas, j’avais fait la pâte moi-même. Ils étaient tellement impressionnés qu’un petit m’a demandé dans quelle pizzeria je travaillais avant !! Je lui ai répondu qu’avant, j’étais maîtresse, comme je le suis aujourd’hui, alors il était étonné, il m’a demandé comment je connaissais toutes ces choses… Donc ma légitimité en tant que maitresse = 0/10, ma légitimité en tant que pizzaïolo en 5 min = 10/10 !! Devrais-je changer de métier ?? Une réflexion s’impose !

Ensuite, y’a carrément un enfant qui m’a proposé qu’on ouvre une pizzeria à l’école. Franchement, feu hein !! Je ne pense pas que la main d’œuvre coûte cher, par contre attention, ils mettent tout à la bouche et si quelque chose tombe par terre, ils n’hésiteront pas à le remettre dans la pizza ! Vous seriez chauds pour venir ou pas ? C’est pour une étude de marché…

A part ça, mon top 3 de chouchous est toujours le même : A. et son niveau de mignonnerie tellement excessif que j’ai envie de la mettre dans une pizza pour la bouffer, N. qui m’apprend l’espagnol soutenu, franchement qui utilise le conditionnel passé à 3 ans ?? Il me pousse à devenir la meilleure version espagnole de moi-même. C’est bien parce que les petits se moquent souvent de mon espagnol, et quand je leur rappelle qu’en fait, on est censés parler en français, ils me disent « ah bin oui ! moi mon papa est français ! » Tout ça en espagnol évidemment…

Et évidemment, le number one c’est L. J’ai eu un problème avec lui parce que sa maman m’a dit qu’il rentrait triste de l’école parce qu’un enfant l’embêtait ! Je me suis interloquée ! L. quand tu le cherches il est seul dans un coin en train de chanter et faire danser ses nuggets…qui l’embête !!?? Je me suis donc dit : « il est temps que je me rapproche de cet enfant ».

1e tentative : Il me chante « tomber la chemise ! » Comment il sait ça ?! Bonne question !

2e tentative : Je lui demande « qui t’embête ? », il me répond : « moi, je ne sais pas dessiner les pizzas ». En effet, sur la liste des problèmes du monde, on est en crise maximale.

3e tentative : « Qui t’embête ? » Réponse : « Moi, quand j’étais petit, j’étais dans le ventre de ma maman. »

J’ai répondu : « ah ouais ? et comment tu es sorti ? »

Je ne l’ai plus entendu parler pendant une heure après ça ! En fait c’est moi qui traumatise les enfants…

Bref, aucune de mes tentatives n’a abouti et je n’ai jamais su qui l’avait rendu triste. Mais, à force de lui parler, et de le faire parler aussi à mes deux autres chouchous, maintenant il s’est ouvert à moi et il me dit TOUT ce qui lui passe par la tête :

– « ça m’ennuie d’être ici »

– « Moi je ne veux rien savoir sur ça. » – « mais c’est le cours L., il faut m’écouter ! » – « mais ça ne m’intéresse pas »

– « Je préfèrerai être à la maison avec ma maman qu’être à l’école »

– « Tomber laaaa, tomber, tomber la chemise ! »

Vraiment, ça booste la confiance en soi de travailler avec des enfants.

 

Mais voilà ! En fait, une pizzeria avec playlist des années 2000 tenue par des enfants de 3 à 5 ans, c’est ça que je vais ouvrir !

Qui souhaite investir ? Envoyez vos dons au +52, et écrivez « CHEMISE » !

 

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