Capítulo dos : Des palmiers dans la ville et des arbres dans les cafés

Dans Equateur
28/11/2021
5 min de lecture

Quatre jours se sont passés en Equateur, et tout va bien.


Dans les voyages, j’aime les premières fois. J’aime la première sortie de l’avion, j’aime les premières odeurs, les premières sensations. J’aime regarder la tête des gens dans la file d’attente et imaginer leur histoire. J’aime le premier voyage en voiture et regarder tout sans vouloir cligner les yeux pour ne pas en perdre une miette, mais en même temps tu as fait 12 heures d’avion donc tu as très très sommeil.

Dans ma tête, lors du premier trajet en voiture, il s’est passé tout ça : c’est propre, c’est grand, ok donc on peut doubler par la droite ET par la gauche (à chaque pays son code de la route), oh des petits étals au bord des routes comme en Afrique, ah oui mais c’est propre quand même, ah ça y est ça monte, je me demande si on est déjà à Quito là, merde comment je peux demander ça au chauffeur en espagnol, wahou ça y est c’est la ville, oh des petits Equatoriens (c’est vrai qu’ils sont petits), et voilà on y est tout est en espagnol, oh ça y est la ville, oh un MacDo !, oh un BurgerKing !, oh un grand centre commercial !, mais c’est trop bien ici, ah ouais les fils électriques partout la vache ! pourquoi ils les cachent pas ? putain putain putain…des…des…des palmiers !!! mais comment il peut y avoir des palmiers à 2800 mètres d’altitude ??
Je crie au chauffeur « los arboles ! los arboles ! », le gars se dit « mais cette femme est folle » et me répond « quoi les arbres !? ah oui c’est des palmiers ! bin quoi ? »

Bon je suis trop fatiguée pour traduire « comment cela se fait que des palmiers poussent à 2800 mètres d’altitude ? » en plus il faut traduire des chiffres, vous imaginez l’épreuve ?! J’apprendrai plus tard que ces palmiers sont une espèce rare qui poussent seulement à Quito et qui ont un nom spécial que je n’ai pas retenu. Appelons-les les palmiers de Quito ! Il parait qu’ils ont des minis noix de coco. Trop cool ! J’adore les bébés trucs.

Après cela, j’arrive dans mon appartement, que je partage avec une Equatorienne et son chat. Elle a l’air trop sympa. Son chat, moins. Je ne les ai jamais aimés de toute façon (les chats). Ils dorment, ils jouent avec du plastique et ils miaulent pour qu’on leur donne à manger. A quoi servent-ils dans l’espèce humaine ? Et celui-ci miaule en espagnol, on ne va décidément pas s’entendre.

A part ça, tout le monde me parlait du choc que j’allais avoir avec l’altitude. En vrai, ça vaaa ! J’ai eu un peu mal à la tête le premier jour mais franchement je ne pouvais pas dire si c’était à cause de l’altitude, de la fatigue, de la faim, du décalage horaire, du masque ou du Ricard du week-end (blague). Et la météo ! Sujet favori des Français ! Alors clairement : on ne comprend pas. Le matin, grand soleil, il fait 25 degrés. L’aprèm petit orage oklm, et le soir, il pleut, il vente, il fait 10 degrés. Les 4 saisons en une journée donc. Il y a 7 paires de chaussure qui vont rester au placard quelques temps. Je m’en fous, je les mettrais en pantoufles.

Les jours suivants, je dors beaucoup, je visite le quartier, je prends mes premiers repères. Ma coloc m’emmène au supermarché, je me suis dit qu’un jour j’achèterai tous les produits qui ont l’air bizarres et je les goûterai et je ferai une vidéo pour que vous puissiez voir les trucs bizarres qui existent sur Terre, ou du moins en Equateur.

Après la sortie au mall, ma coloc m’emmène boire un thé dans un petit café trop mignon. Il y a un arbre à l’intérieur et ils font du feu dans la cheminée. Très mignon, très savoyard. Après, elle a deux amies qui arrivent, des Equatoriennes. Elles se mettent à parler très vite, elles sont très bavardes et je ne comprends pas grand-chose au début. Je leur demande si elles peuvent mettre des espaces entre les mots sinonjevaisriencapter. Elles acquiescent avec enthousiasme et je comprends alors qu’elles parlent de leur travail, de leurs amours et je me dis que nous les femmes, nous avons les mêmes sujets partout dans le monde. Et c’est avec cette pensée que je les regarde, que même si je ne comprends pas tout je me dis que d’ici quelques mois je pourrais participer à la conversation, et que je réalise que je suis exactement là où je devrais être. Aqui. Et que ça fait très longtemps que je n’avais pas ressenti cela.

Commentaires

Azra

Je comprends tout à fait la sensation que tu décris de se sentir au bon endroit au bon moment. C’est souvent des moments rares et éphémères mais en même temps délicieux et inoubliables !

calientepatata

Oui ! et en plus normalement ça arrive tard dans les voyages ! bon enfin je ne suis pas vraiment cohérente non plus parce que j’ai changé de coloc donc je ne reverrai sans doute jamais ces filles XD

Calientepepesituations

Quel pragmatisme sur les palmiers, je suis bouché bée.

calientepatata

tu es bouche bée ou ça t’en bouche un coin ??

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *