Capítulo quince : J’ai fait une chiva !!!

Dans Equateur
28/03/2022
6 min de lecture

Hier soir, c’était l’anniversaire d’un pote français et on a eu la brillante idée d’organiser une chiva. Pour ceux qui n’ont pas encore lu le « capítulo siete », une chiva c’est un concept très équatorien (à moins que vous en connaissiez dans d’autres pays ? – dites-moi je veux y aller) pour faire la fête. Il s’agit d’un camion qui fait office de discothèque : tu réunis tes potes, tu les fais payer, tu attends la chiva qui vient te chercher en bas de chez toi, et pendant deux heures tu vas faire le tour de la ville pendant que tu danses et que tu bois du canelaso (cocktail à base de rhum chaud) à volonté !

Quand je suis arrivée à Quito et que j’ai vu ça pour la première fois, je suis immédiatement tombée amoureuse du concept. J’ai cru que c’était pour les enterrements de vie de jeune fille mais même pas…moi qui pensais finalement à me marier juste pour avoir un EVJF dans une chiva, même pas besoin !

Il y a des périodes de l’année où il y a des chivas qui tournent partout dans la ville et tu as juste à monter dedans comme tu prends le bus. En ce moment, on n’est pas dans cette période-là donc pour participer à une chiva, il faut en louer une comme tu loues une salle des fêtes pour ton anniversaire. Je voulais faire une chiva depuis décembre et enfin, hier, j’ai pu réaliser mon rêve ultime ! Parfois, quand tu réalises un rêve, après tu es déçu parce que c’était moins bien que tu pensais, bin sachez que c’était pas du tout mon cas, c’était la fête la plus fun de toute ma vie et je veux en refaire tout le temps et je veux importer le concept en France et être la manageuse de toutes les chivas de France. Je rigole pas hein !

Je vous raconte la soirée. On commence par un petit apéro chez les mecs. 22h, la chiva vient nous chercher en bas de chez eux. Ah mais c’est ça qu’il faut faire, des Uber chivas ! Je suis excitée comme un enfant de 4 ans devant un poney. 3 personnes travaillent dans la chiva : le chauffeur, le DJ et l’animateur de soirée – genre les gars des fêtes foraines ! On remplit le bus avec les ami-e-s des gars, je connais 7 personnes sur 20. Ils ont tous moins de 25 ans, évidemment je me sens très vieille mais heureusement, un Équatorien de 22 ans vient avec sa maman. Quel garçon de 22 ans en France ferait la fête avec sa daronne ? Le pire c’est qu’il était super bourré, il a passé 30 minutes à m’expliquer qu’il était content que je sois là. A une autre soirée où je l’avais rencontré, je croyais qu’il était gay donc j’étais super sociable et tactile avec lui et quand il a essayé de me rouler un patin j’ai réalisé que j’avais fait une grosse erreur de jugement. Oups ! Bref, du coup, il était content que je sois là.

Le bus démarre, la musique aussi, on commence à faire le tour de Quito. Comme ce n’est pas la saison des chivas, on est les seuls débiles à faire la fête dans un camion-discothèque. Toutes les voitures qui passent nous regardent d’un air affligé, tandis qu’on fait coucou à tout le monde comme si on était des ados en voyage scolaire. On a deux heures pour s’enjailler, c’est bien parti il y a une barre de pole dance dans le bus. Ça tombe bien, j’ai fait un cours de pole dance cette semaine pour voir si j’aime. Ce n’était pas beau à voir. On aurait dit un cochon à la broche mais à la verticale. Ouais ok, c’est mieux que je m’éloigne de cette barre. J’ai donc préféré faire les vidéos et essayer de faire asseoir un mec complètement saoul, qui faisait genre à l’apéro qu’il était magicien en faisant des cocktails à base de rhum et de gin, bref, on a vu dans quel état l’a amené sa magie !

Le plus grand défi des chivas c’est d’arriver à boire son verre sans s’en mettre partout. Vu que le chauffeur freine à des moments inopinés, la moitié des verres finissent sur nos fringues. Ça commence à ressembler à un bal de mon village cette histoire, c’est peut-être pour ça que je m’amuse autant !! On arrive au centre historique, le chauffeur nous fait descendre du bus en face de la basilique. On fait la fête sur le trottoir avec des inconnus. Normal. Une vieille femme tombe amoureuse de mon pote, non, de tous les gars en vrai et se met à twerker sur tout le monde. Cette soirée prend une tournure vraiment intéressante. Encore plus quand on danse la Macarena avec les gens du coin.

Vraiment, à la fin de cette aventure je pourrais faire une liste des occasions improbables où j’ai dansé la Macarena.

C’est la fin de la fiesta, la chiva doit nous déposer dans le quartier des discothèques. On a découvert le centre historique tout en s’enjaillant, faudrait qu’ils pensent à donner des informations culturelles et touristiques entre deux chansons de reggaeton. Non ? Euh non. Quelques minutes plus tard, on réalise que le chauffeur nous ramène à la maison. Quoi ? Il n’a pas lu les consignes lui ! On est train de s’embrouiller avec les gars et entre les gens qui parlent espagnol, les gens qui pensent savoir parler espagnol et les gens qui parlent carrément pas, je comprends que la daronne du non-gay a dit au chauffeur de nous ramener chez nous. Ah ouais c’est comme ça ! Ça veut faire la fête avec son fils mais ça veut pas qu’on aille en discothèque ! Après moultes lamentations, on arrive finalement à négocier pour qu’il nous amène là où il était censé nous amener à la base. Cependant, le DJ range ses affaires. Imaginez faire un trajet de 10 minutes dans un camion-discothèque avec des ballons mais sans musique…un peu pathétique ! Heureusement, l’alcool me rend généreuse et je lâche un billet de 20 dollars au DJ pour qu’il rebranche son matos. Le temps qu’on arrive, il a eu le temps de mettre deux chansons. Très rentable. Vraiment, invitez-moi à vos soirées, je sais rendre les DJ heureux.

Minuit passé, on arrive. Tout le monde descend. Je rêve où la daronne vient avec son fils en discothèque ? On y arrive enfin, la musique est nulle et elle ne roule pas. C’est nul ! Je veux vivre dans une chiva !!

Commentaires

Emmanuelle Robert

Génial ton idée de faire la même chose en France, et aussi le «  camion vache » tout ouvert quand il fait chaud .
Bonne fin de semaine 😘😘😘
Emmanuelle ROBERT

calientepatata

Tu crois que ça marcherait sur la Côte d’Azur ou c’est trop provencial ?? Bisous Emmanuelle 🙂

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