Alors qu’en France, le carnaval signifie pour vous d’habiller vos enfants en bébé princesse licorne et manger des bugnes (hmmm des bugnes !), ici, ça offre carrément deux jours fériés ! Comme ça ! Ça serait intéressant que j’en sache plus au niveau culturo-historique mais je n’en sais rien, voilà.
Tout ce que je sais, c’est qu’on avait un week-end de quatre jours, de samedi à mardi, des potes, l’envie de voir la plage, et une super proposition de chambres gratuites chez…Crazy D ! Vous ne l’aurez jamais deviné mais ce mec est architecte, il est riche et il a deux maisons. Comme quoi, il peut bien s’offrir de la cocaïne ! Du coup, on s’est dit qu’il serait bienvenu d’organiser un road trip !
Road trip ! Road trip ! Road trip !
Direction Manta. Première mission : louer une voiture. Vu qu’on s’y est pris le vendredi pour le samedi, évidemment il restait pas grand ch’ ! On a réussi à trouver au final dans une agence locale louche – mais bon, vaut mieux louche que rien – qui nous a donné rendez-vous le samedi à 13h (je bossais le matin). Donc à 13h, on est devant l’agence. L’agence est fermée. On appelle. Ils disent qu’ils sont partis déjeuner. Ah bon ? J’aime bien ce pays où le client n’est absolument pas roi. 14h, toujours pas là. On les rappelle « ça va ? bien mangé ? Ça vous dérangerait de venir nous offrir le service pour lequel on a déjà payé ? ». Ils nous disent qu’ils sont en train de changer les pneus… ??? Ah oui, c’est bien le moment. Est-ce qu’on va partir ? Je dresse déjà mentalement la liste des séries Netflix que je pourrais regarder si on reste. Enfin, 15h, la voiture est prête. On part sous la pluie battante de Quito, on a 9 heures de route. Tout va bien. Vamos chercher le soleil.
On n’a même pas fait une heure de route qu’on s’arrête. Problème de pneus ? Mais non, tout ne part pas en cacahuètes quand même ! On s’arrête parce qu’il y a un super panorama. On s’approche un peu pour prendre des photos. Mon pote va un peu plus loin et on l’entend crier. On voit un chien. Pourquoi il crie ce débile, il a peur des chiens ? On s’esclaffe. Il vient nous expliquer que le chien l’a mordu. Son pantalon est troué et il saigne. Ah bin on s’esclaffe plus. Ça ne part pas en cacahuètes mais ça part à la pharmacie quand même ! Puis ça part regarder où on peut se faire vacciner contre la rage ! Tout est bien qui commence bien…
Minuit 12. On arrive à Manta. On m’avait dit que c’était moche mais ça va, ça pue juste le thon. On arrive chez Crazy D, il est en pleine soirée digne d’une célébration d’une mafia mexicaine. Bon, j’exagère un peu. On se rend compte que Crazy D a proposé ses chambres d’invités à beaucoup de personnes, et je n’ai pas trop trop envie de dormir avec le jeune colombien qui fume de la marijuana dans une pomme. Les mecs sont ok pour rester, évidemment ils ne voient pas le problème de cette garçonnière. Moi je le vois : devinez ce qu’il y a seulement dans son frigo ? Un gratin dauphinois !!!!
Bin non voyons, que des bières !!
Avec ma pote, on part donc chercher un plan B, une petite auberge de jeunesse, un hôtel bon marché, une suite 5 étoiles tous frais payés,…peu importe, tant qu’il y a un oreiller. Cependant, il est 1h du matin, en plein week-end férié, donc on ne trouve pas grand-chose. Tout ce qu’on trouve, c’est la défaillance de mon sens de l’organisation et de l’anticipation ! Quoi qu’il en soit, je paie mes erreurs puisqu’on parvient au final à trouver une chambre dans un hôtel des plus glauques qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie. Et pourtant, je m’y connais en chambre glauque ! C’était un hôtel qui se voulait érotico-romantique et donc on a eu droit à une suite royale : décoration de Saint Valentin (toujours là 2 semaines après), chaine Hi-fi, barre de Pole dance, miroir au plafond au-dessus du lit…et pour couronner le tout : une espèce de chaise sexuelle façon mi-Grey mi-gynéco. Les mecs auraient été ravis, moi ça m’a juste rappelé les frottis. Soit, essayons d’omettre tout ce que des gens bien ont fait dans cette chambre et dormons. Je me demande si je n’aurais pas préféré rester chez Crazy D finalement. Foutu karma.
Le lendemain, nous déguerpissons illico-pesto de notre chambre d’amour pornographique. Grâce à Jésus, nous trouvons ailleurs une chambre très banale et satisfaisante et posons nos affaires pour les deux prochaines nuits. Ouf ! Ensuite, on se prépare pour aller…à la plaaaaaaage !! Il fait 15 degrés de plus qu’à Quito, ici la météo ne se fout pas de notre gueule à changer de saison 4 fois par jour, et je crois bien que mes tongs m’adressent un léger sourire. Rêve ultime : vivre dans un endroit où on ne porte jamais de chaussettes.
Avant cela, on va manger. « Tu veux manger quoi Sarah ? – des frites et du poulet ! » Bin très bien, allons manger un ceviche (soupe de poissons froide) ! J’aime bien quand on m’adresse une oreille attentive, ça fait vraiment plaisir. Heureusement, j’adore le ceviche. Très bonne nourriture équatorienne ! Puis, on arrive à la plage et il y a énormément de monde. Il y a un concert pour l’occasion du carnaval. On s’adonne aux activités les plus clichées des vacances : bronzer, sauter dans les vagues, boire des mojitos, jouer au beach-volley, se prendre en photos, commenter notre non-bronzage et nos crèmes solaires de bébé / périmées…
Le soir, on se prépare pour aller à la fête du Carnaval, je n’ai aucune idée de quoi il s’agit mais je me sape bien quoi, comme d’hab. Personne n’est déguisé mais j’ai l’audace de mettre des strass, à défaut de mon déguisement princesse licorne. En allant à la fête, on passe devant une shiva. Vous vous souvenez ? La boite de nuits à roulettes !!! Mon ambition plus trop secrète. Mes potes français découvrent la shiva pour la première fois. Je vois des étoiles polaires dans leurs yeux. On partage désormais la même ambition.
Crazy D nous dit qu’il y a une soirée privée dans le centre-ville, on décide d’y aller. Sur le chemin, on découvre ce que signifie « fêter le Carnaval » en Equateur : des adultes, des ados, des enfants qui se balancent de l’eau, de la mousse à raser et se foutent de la gouache sur la gueule. Les filles semblent plus visées, on compte passer en plein milieu de la bataille d’eau, ça va être compliqué de ressortir indemne. Et en effet, un gars déboule de nulle part et me fout sa grosse paluche pleine de peinture sur la tête et mon look est désormais obsolète. Adieu brushing, strass et belles sapes. On arrive devant le lieu de la fête : une vitrine de restaurant. On paie, on nous tamponne la main. Je regarde le tampon : « restaurant Marrakech ». Mais où est-on tombés ? On se retrouve au bar du restaurant et on voit qu’au fond de la salle, il y a une énorme piscine et des machines qui envoient de la mousse à raser. Il y a plein de jeunes et le restaurant marocain se transforme en grosse fiesta soirée mousse. Et ce n’est pas la mousse du thé à la menthe ! On danse la macarena au milieu de mousse et d’inconnus. Encore une soirée improbable. Et quand on croit que c’est fini (jamais) (c’est juste une pause – un répit – après les dangers) et qu’on peut rentrer, le DJ lance un concours tee-shirt mouillé ! Evidemment les mecs veulent rester un peu plus longtemps. On invite des meufs peu farouches (pas moi) sur le dancefloor et on leur donne un débardeur blanc. Après, on leur verse un seau d’eau sur la tête, bin oui, sinon c’est pas mouillé le tee-shirt. Comme c’est pas assez, on leur dit de sauter dans la piscine – ça change un peu le concept si vous voulez mon avis mais bon, ne soyons pas si cartésiens du concept tee-shirt mouillé. Puis, chacune à leur tour, elles dansent et leurs amis crient et applaudissent. La fille qui obtient le plus de cris et d’applaudissements gagne. Enfin, je crois. Il y a la petite copine de Crazy D qui est entrée dans la compétition, donc nous aussi on doit jouer les pom-pom girls. Vient son tour de danser : la fille se déhanche, se trémousse, twerke, enlève son tee-shirt, son short, se retrouve en culotte devant des inconnus ! Elle non plus elle n’est pas cartésienne du concept, elle est encore plus folle que Crazy D. A notre plus grand étonnement (blague), elle gagne. A ce moment-là, je me dis qu’elle doit vraiment être fauchée pour être prête à tout comme ça pour gagner 50 balles. L’après-midi, elle m’avait dit qu’elle avait une fille, elle doit sûrement vouloir cet argent pour s’en occuper et lui offrir des Barbies. Ça y est, j’ai trouvé le titre de cet article !
Il est 5h du matin, on rentre. J’en ai assez vu. On se fait encore arroser par des gens qui passent en voiture avec des pistolets à eau. Des adultes de 50 ans qui s’amusent à faire des batailles d’eau, c’est gênant ou bien c’est drôle ? Prochain sujet de philo.
Le lendemain, on retourne à la plage pour faire la sieste, manger des churros et boire des noix de coco. Je demande à la Crazy copine de Crazy D ce qu’elle va faire de ses 50 balles. Elle me dit qu’elle les a déjà dépensés en bouteilles de rhum à l’after party de hier. Ah ok.
Rhum 1 – Barbies 0.
Lundi soir, dernier soir à Manta. Pourquoi c’est tant fatigant d’être en vacances ? On va voir un concert live bidon pas ouf. En chemin, on nous arrose encore. Ils ont l’air tellement heureux, je ne peux pas leur en vouloir. Au fait, on a crevé les pneus la veille, on n’est pas sûrs de rentrer à temps. Je dois vraiment être au travail le mercredi, mon coloc me dit qu’au pire des cas, je rentre à Quito avec Crazy D et sa meuf. Bizarrement je ne suis pas chaude chaude pour le plan B. Heureusement, on trouve un mécanicien disponible un jour férié qui change les pneus. On peut rentrer à Quito, je rêve de conduire mais mon coloc ne fait confiance à personne au volant. Sauf que lui, il roule comme un débile du coup je ne peux pas m’endormir, ça va être long ces 9 heures ! Je vois qu’il baille, j’en profite pour l’entourlouper ! Allez, à mon tour ! Il accepte. Je regrette « attention là il y a un camion ! Regarde les trous ! Arrête-toi quand les feux sont rouges ! ». Il est relou lui ! Le mec me prend pour Gilbert Montagné. Il ne sait pas que j’ai conduit à Dubaï et dans une tempête de neige au col de la Rép’ ! Il finit par s’endormir, comme tout le monde, et je réalise à quel point ça m’avait manqué de conduire. Peut-être même autant que le foie gras.
18h, on est de retour à Quito. Qu’il fait bon être chez soi où la seule chose qui te rend mouillé, c’est la douche.












Virginie premier degré qui lit ton article « ah ouais ils connaissent le gratin dauphinois?? »
Ah ben non du coup
De plus je valide la réf musicale Céline et Garou !
La réf à Cécé c’était vraiment une cassedédi pour ta culture musicale !! mdrr pour le gratin dauphinois ! en vrai je pourrais leur en faire un et leur expliquer ce que c’est mais rien que de m’imaginer comment traduire le nom de ce mets, ça me fait suer !
C’est qui Crazy D? Du coup, sympa le carnaval pour les jours fériés..c’est une bonne idée!!!
Pour ce qui est de la conduite, il a fait son moniteur d’auto école, ton coloc ( c’est pas cool pour toi ).
Lis l’article « une sortie nature-voiture » pour comprendre qui est Crazy D 🙂
Oui enfin j’ai le permis depuis 9 ans quand même !!