Capítulo siete : La fête de Quito ou comment je n’ai pas réalisé mon rêve

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19/12/2021
5 min de lecture

6 décembre. Nous célébrons la fête de Quito. Entendez par là la fête de l’indépendance de la ville de Quito. Apparemment, le pays n’a pas été décolonisé tout en même temps. C’est très pratique parce que du coup pour chaque ville qui célèbre son indépendance, on a un jour férié : des génies ces colons (c’est de l’humour).

Pour ce qui en est de l’Histoire de l’indépendance du pays, je ne vous en dirai plus. Je ne suis pas Google non plus.

La bonne nouvelle c’est qu’on se dégote un week-end de 3 jours ! Vous vous dites « cool, elle a visité plein de trucs et peut nous raconter les merveilles de la nature équatorienne ». Pas du tout. Mes expériences culturelles se limitent à la débauche. C’est un concept. Vous êtes libres de l’adopter ou pas. La preuve : on nous sert pendant trois jours des shooters de « canelaso », un cocktail traditionnel, comme du vin chaud mais à base de rhum. Ça promet !

Jeudi soir commencent les festivités. Je suis invitée à un tournoi de « cuarenta » au bar de mon coloc. Le « cuarenta » c’est un jeu de cartes. Super, la débauche ! Vraiment, les jeux de cartes et de société en soirée m’horripilent. Ma grand-mère fait ça chaque mardi après-midi, après elle peut pas dormir parce que la Jeannette elle triche. Franchement, est-ce que j’ai envie d’avoir ces problèmes dans ma vie ? Mais bon, comme je suis pas d’ici, je m’adapte. Vamos jouer aux cartes. Grâce à Dieu, le tournoi a commencé quand j’arrive. Le bar est le refuge d’un moto-club. J’arrive donc et vois 30 motards assis autour des tables en train de jouer aux cartes. Cocasse. Vraiment, la Jeannette apprécierait. Je suis donc écartée du championnat et peut donc boire et pratiquer mon espagnol sans avoir à me former au « cuarenta ». Mais voilà que je me retrouve à une table de 4, qu’une fille a très envie de jouer et qu’elle se lance dans les explications du jeu. J’ai rien compris. Mais incroyablement, j’ai gagné. Avec la fille. Du coup, on est devenus potes et on a programmé ensemble une sortie pour le lendemain.

Vendredi soir. Nous sortons dans un endroit où je suis épargnée des cartes : une salsoteca. C’est une discothèque où on danse que la salsa ou la bachata. Meilleur concept du monde. Que foutais-je les 30 dernières années. C’est les Folies-bergères, tout le monde nous invite à danser et je n’ai même pas le temps de discuter avec ma nouvelle pote. A un moment : grosse angoisse. Il y a un gars qui m’invite à danser et pile à ce moment-là je vois Orlando, mon prof chouchou. Du coup je dis au gars de m’attendre et je vais dire bonjour à mon prof, et après le gars qui m’avait invité à danser n’était plus là. Je crois le voir au bord de la piste, donc je l’invite à danser et là le gars me dit qu’il sait pas danser. Je me suis trompée de gars. J’ai invité un débutant à danser !! Qui fait ça ????? Bref, 3 minutes d’ennui parce que je suis trop stupide pour reconnaitre un visage. Bilan de la soirée : j’ai beaucoup dansé, je suis exténuée. Je valide le concept PAR CONTRE ne pas aller à la salsoteca le vendredi soir parce que c’est le jour où les petits vieux sortent et donc j’ai dansé avec 2 potentiels bons jeunes danseurs contre 7 petits vieux qui m’arrivaient à la poitrine. Ça les arrangeait bien !

Samedi soir, je décide de réaliser mon rêve. A Quito, pendant les fêtes la coutume c’est de prendre une « chiva », c’est le meilleur concept du monde. Et je sais que vous en avez marre de lire ce mot mais vraiment, faut que je vous en parle. Les « chivas », ce sont des discothèques roulantes, c’est des camions ouverts – comme pour mettre des vaches – sauf qu’à la place de mettre des vaches, on met 20 personnes bourrées, un DJ et on part faire le tour de la ville en dansant pendant que ça roule. Y’a des DJ stylés qui foutent trop l’ambiance. Enfin je crois, j’ai pas compris ce qu’ils disent mais ça ressemblait aux animateurs des fêtes foraines. C’est beaucoup trop cool. Donc pour joindre les « chivas », il fallait que je sorte avec des Equatoriens. Je parle à un pote de mon rêve. Il me dit que ça serait sa troisième chiva du week-end mais que pour moi, il est prêt à tout parce que je suis trop sympa.

Bah quoi ?

Donc on sort. On va manger des tacos. Ça aussi, on adore. Ensuite, on va dans un super bar. Après, on apprend qu’il y a une chiva qui s’organise. C’est bien parce que pour aller dans une chiva il faut être 20. On est 2. C’est peu. Donc on part rejoindre 18 personnes qu’on connait pas. Je suis vraiment excitée, j’ai l’impression d’être une des Spice Girls mais pauvre. Minuit, on nous dit que la chiva viendra dans une heure. Mon pote me dit qu’elle ne viendra jamais. Briseur de rêves. Une heure du mat. On y va. Bon, la chiva a des problèmes avec la police. Il faut qu’on aille en boite et qu’on l’attende là-bas. Mais une boite, ça roule pas ? NUL ! Trois heures du mat, mon pote part. Je dois me rendre à l’évidence : ce soir, je ne pourrais pas danser dans un camion pour vaches qui roule.

Je n’ai jamais été autant déçue de TOUTE MA VIE.

Commentaires

Emmanuelle Robert

J’adore 🥰. Merci, enfin on va rire en te lisant car en ce moment…il n’est pas évident de pouvoir rire tous les jours
À très bientôt pour de nouvelles aventures 😘

calientepatata

Merci Emmanuelle ! Toujours un plaisir de te divertir 🙂

Sandrine Crombez

😂😂😂 Désopilant et dépaysant ! Merci Sarah…. Tu nous manques quand même !

calientepatata

Merci Sandrinette !!!!! Tu me manques aussi, mais si je pense à toi très fort, j’entends encore ton rire aux éclats 🙂

Agnès

Comme je n’ai été informée de l’existence de ce blog qu’au septième chapitre (d’ailleurs, j’ai eu peur car sur le coup, j’ai traduit capitulo en capitulation et j’ai cru que ton expérience n’était qu’une succession d’échecs ….), je n’ai pas eu l’occasion de réagir avant … (meuh nooonn, je ne t’en veux pas, c’est tellement difficile de vivre toute seule au bout du monde loin de sa tatie préférée qu’on préfère oublier …. (pure élucubration de ma part mais moi aussi, j’ai un penchant naturel (familial ?) au blablatage)).
Donc, me voilà rassurée, pas d’échec dans le rétro juste l’évolution (naturelle ?) d’une française non-parisienne (je précise parce que souvent, pour les non-français, les français sont parisiens et ils vous disent : « Français ? Ah oui, la tour Eiffel !  » alors que statistiquement, il y a plus de français non parisiens que parisiens (c’est comme les papous papas et les papous pas papas, mais c’est une autre -longue- histoire que je ne peux décemment développer ici)) dans un environnement complètement nouveau pour elle où, bien qu’elle ait avec elle ses précieuses paires de chaussures (moi aussi je fais du 40 et en plus, une fois, je t’ai donné le biberon), il se peut qu’elle ait quelques difficultés de compréhension …
En plus, c’est tellement drôle que si tu ne trouves pas un bel équatorien assez grand et assez compréhensif bien que bon danseur de salsa, tu pourras toujours écrire un livre, je l’achèterai même si tu ne me lègues pas de chaussures. Bien sûr, tu prendras soin de nommer la sœur de ta mère à la page des remerciements (je te laisse trouver une bonne raison de le faire, peut-être l’apprentissage du bon usage des parenthèses ??)
Joyeux Noël !

calientepatata

Chère tatie préférée, ne t’offusque pas de la prise de connaissances de ce blog qu’au 7e chapitre, ce fut en effet le cas pour tout le monde ! Depuis que je suis arrivée j’ai beaucoup écrit, après je me suis dit « bon si je partageais mes folles idées ?! Allez, faisons un blog ! » Bin tu sauras que c’est encore plus compliqué qu’apprendre l’espagnol !!! C’est pour ça que j’ai pu partager tout en même temps il y a peu… De plus, merci pour ton rappel entre les Français et les parisiens, je suis totalement d’accord sur le décalage de ces deux mondes ! Les papous papas et les papous pas papas me rappellent quelque chose mais quoi ????!!! Bref, en tout cas, je te remercie pour ton soutien et tu mérites tout ce que tu désires : chaussures, livre avec remerciements, cure de désintox des parenthèses, etc. Si j’étais en France, je ferais sûrement un article sur les meilleurs dessins proposés à Noël par ma famille, bon j’y échappe cette fois mais je compte sur toi pour le rapport 🙂

Calientepepesituations

Ce concept est exceptionnel !

calientepatata

On est d’accord !! Et sinon tu n’en as pas marre de voler le surnom des gens ?? XD

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